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Juste le songe d'une nuit d'hiver. Tu veux pas qu'je vienne. Je sais. Je sais. Tu sais pas. Je sais plus. Le doute qui me tranche. Avoir mal. La musique qui blesse. Tes doigts qui se promènent sur le piano. Et ça fait mal. En noir et blanc. Toujours. Parce que c'est toujours plus beau en noir et blanc. J'sais que c'que j'écris c'est con. Mais j'me déteste. Et vous aussi j'vous déteste. J'vous cracherais dessus si j'pouvais. Toujours aussi vulgaire, ça c'est sûr. Ces mots qui s'bousculent, qui s'entrechoquent. Sans la moindre trace d'un semblant d'ordre. Dans l'ombre du silence. A quoi bon l'ordre? Rien à foutre. Envie d'arrêter d'écrire cette merde. Ce ramassis de conneries. Fatiguée. Usée. Blasée. Dans un triste éclair de lucidité. Ta gueule toi, tu fais chier. Le cercle des poètes disparus. Ecris. Lis. Vis. Ou crève. Carpe diem. Cueille le jour saloperie. Tu comprends pas qu'tu vas mourir. Comme nous tous. Pauvre tâche. Alors vis. Merde. Bois. Fume. Saoûle toi la gueule jusqu'à vomir. Mais existe pauvre imbécile. Avant que ce ne soit fini. Enfin. Passe sans porte. A n'y rien comprendre. Mais passe sans porte. Pourquoi tu dis rien ? Fais quelque chose, n'importe quoi mais bouge ton cul ! Seize ans et t'existe toujours pas, t'es déjà rangée, t'as déjà tout oublié, tout abandonné, même tes rêves, t'es déjà déchirée. Et ça s'voit dans ton futal troué et tes chaussures défoncées. Pessimiste. Réaliste. Ou cynique ? En attendant la vie. Sois présente. Sois là. Ou ça t'bouffera d'l'intérieur. De la débile maladresse à la jeune fille en détresse. A la pluie renversée. L'étincelle dans nos yeux qui se meurt. Violente douceur. Ivresse de la douleur. A en pleurer de bonheur. La vie au creux de tes mains. Mon coeur au creux de tes reins. Pour toujours ou pour jamais, ne pas t'oublier. Mais passe sans porte. De toute façon tu m'sauveras pas. Ce sera pas toi. Sûrement pas lui non plus. Car je vous hais tous. A vivre le meilleur on oublie le pire. Et à vivre le pire on oubliera le meilleur. Le flamme brisée des bougies blanches. Vers cette longue mort qui donne un sens à la vie. Au temps pour moi, au temps qui passe, sans laisser assez de traces. Jusqu'au crépuscule de ton déclin. Tu perds un peu d'ta beauté dans ma laideur. Sens dessus dessous, sans dessus et sans dessous. L'horizon de l'infini, ma vie à la cime de nos étoiles. J'avais pas bu, j'avais pas vu. A l'horreur de cette éternelle survie, sans histoire et sans magie. A l'écorché surpris. Au sublime vertige d'un dernier espoir suicidaire ?
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Texte écrit par moi le 21/01/06
Photo prise par moi